Voilà quelques réponses à mon avis essentielles à des commentaires sur le non à la LRens

Il ne s'agit pas d'un article constitutionnel, mais d'une loi (sur laquelle on se prononce grâce à un référendum)

"Surveillance de masse" : la loi stipule que toutes les "sources d'informations publiques" ne sont pas soumises à autorisation pour être surveillées. Ce qui signifie que toute conversation tenue en dehors de chez vous peut être enregistrée. La définition d' "espace public" étant floue dans le domaine numérique, il est fort à parier que toute communication non-encryptée sera observée. Les méta-données des données encryptées pourraient elles-mêmes être considérées comme "information publique".

"Nombreux gardes fous" : en lisant le texte de loi, on se rend rapidement compte qu'une bonne partie des garde-fous seront surtout mis à l'épreuve de la bonne volonté du SRC. Car une fois les technologies de surveillance de masse en place, il n'y a pas de distinction entre suspect et non suspect - tout le monde est traité comme suspect, la distinction se faisant éventuellement lors du traitement des données.
On parle aujourd'hui déjà de fiches concernant 2 millions de Suisses - toutes ses personnes sont-elles légitimement suspectes ?

"On est déjà surveillé, alors quelle différences cela ferait-il ?" :
"When you say I don't care about the right to privacy because I have nothing to hide, that is no different than saying I don't care about freedom of speech because I have nothing to say"
Edward Snowden.
Il y a une différence fondamentale entre la collecte de données à but commercial et la collecte de données dans un but de "sauvegarde des intérêts nationaux importants" (LRens Art. 3).
Je ne soutiens aucune des deux, mais la surveillance commerciale laisse un choix ! D'une part il est possible de ne pas utiliser les services de Google, Facebook et autres.
D'autre part, la Loi fédérale sur la protection des données (LPD) oblige ces entreprises à indiquer à l'utilisateur quelles données personnelles ont été enregistrées et l'utilisateur peut demander la suppression de ces données - quant à savoir si toutes les entreprises se plient à cela, c'est un autre débat (voir enquêtes de la RTS de cet été).
Mais dans le cadre de la LRens, le droit d'accès à ses données pourra être révoqué pour des raisons des plus obscures (LRens Art. 63).
Finalement, le fait qu'on soit d'ors et déjà surveillés NE JUSTIFIE EN RIEN que l'on accepte une surveillance supplémentaire ! Au contraire !

Écoutes de masse des services étrangers : non, ces écoutes ne "sont pas mieux", et ne sont pas acceptables non plus !

Rien ne prouve aujourd'hui l'efficacité de tels systèmes de surveillance dans le cadre de la lutte "anti-terreur" - tout comme la vidéosurveillance n'améliore pas la sécurité des lieux surveillés !

"Je ne cautionne pas la surveillance d'Internet" : en votant oui tu cautionnes automatiquement la surveillance d'Internet et de l'espace privé, c'est bien là tout le problème !

"C'est un garde-fou pour se protéger de l'espionnage industriel" : l'espionnage industriel n'est pas légal à l'heure actuelle.
Si nous voulons mieux nous en protéger, ce n'est pas de garde-fous législatifs dont nous avons besoin, mais de garde-fous techniques (sécurité informatique et physique, etc.).

Croire que le SRC ne dépassera pas le cadre légal de la LRens pour la surveillance relève d'une naïveté affolante ! L'histoire nous montre que le SRC a balayé les garde-fous législatifs à plusieurs reprises déjà, et en lui donnant des moyens de surveillance technologiques supplémentaires, ces barrières légales ne seront certainement pas respectées dans un futur proche.

En conclusion, je ne vois aucune raison justifiant la destruction de la sphère privée telle que nous la connaissons aujourd'hui. J'attends encore les preuves indiquant la nécessité et l'efficacité de tels systèmes de surveillances !
Et le danger que cela représente n'est pas à négliger !

Voilà pourquoi je vote NON à la LRens le 25 septembre !

Plus d'infos : http://etat-fouineur.ch/